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- نشر بتاريخ: 18 تموز/يوليو 2011
En face, que représentent nos exportations de fruits et légumes sur le marché européen? «Tout au plus 2,5% des importations intra et extra-communautaires», répond Akhannouch. Et pour cause! Elles ne se positionnent que sur des niches. Avec à la clé un écrémage draconien des quantités expédiées en termes du calibrage et de la qualité intrinsèque des produits. Le décor ainsi planté, le ministre a dû faire face à une rafale de questions. Certaines ont concerné les orientations même de la politique agricole nationale. Genre, quelle place y est faite aux petits agriculteurs? L’intervention des groupes d’exportation ou encore l’ouverture du secteur aux investisseurs étrangers. Tout particulièrement sur ce dernier chapitre, José Bové, vice-président de la Commission agriculture et développement rural du Parlement européen, toujours aussi percutant, a brillé par sa méconnaissance des réalités marocaines. Selon lui, le pays aurait cédé à un groupe saoudien 600.000 ha de terres agricoles (sic!) dans la région de Guelmim dont 200.000 ha irrigués (re-sic!). «Où est ce trésor», a ironisé Akhannouch. Car, jusqu’à preuve du contraire, la région dispose à peine d’un petit barrage dont le taux de remplissage atteint rarement les 40% faute de pluviométrie suffisante. Quant au petit agriculteur, il se trouve au cœur de la stratégie puisque tout le pilier II du plan Maroc Vert lui est dédié. Toutefois, précise le ministre, l’orientation n’est pas à l’assistance et encore moins à la protection de l’agriculture solidaire. Au contraire, l’objectif est d’améliorer le revenu de cette catégorie d’exploitant en lui garantissant justement l’accès aux marchés d’exportation. C’est dans ce contexte qu’à été lancé le plan de certification et de labellisation des produits du terroir.
D’un autre côté, la structure foncière de l’écrasante majorité des primeuristes ne dépasse guère les 2 hectares. C’est le cas des producteurs de tomates, fruit qui enrage certains producteurs européens malgré le traitement restrictif dont il fait l’objet en termes de quota, de prix d’entrée et de calendrier d’exportation. Or, que pèsent les 220.000 tonnes de tomates marocaines face à la consommation européenne qui dépasse les 3 millions de tonnes par an?, s’interroge un professionnel de la région du Souss. Il n’empêche que l’altermondialiste ait réussi son coup d’intox hier parmi une partie de l’opinion publique qui ne savait plus ce qui est vrai et ce qui est faux. Or, c’est l’avis de la Commission des échanges extérieurs qui est déterminant pour le Parlement européen. D’où l’optimisme affiché par l’ambassadeur de l’UE à Rabat, Eneko Landaburu qui se dit «assez confiant après le passage d’Akhannouch devant cette instance».
Soutenir les réformes
D’autres questions se rapportant à la sécurité et au contrôle sanitaire des produits agricoles et agro-industriels ont été aussi soulevées. A s’en tenir à la formulation, on serait tenté de faire table rase de la longue expérience marocaine en matière de commerce des fruits et légumes à l’international. Or, le pays dispose d’un organisme public de contrôle dûment agréé par la Commission européenne. Et, en 2010, une loi sur la sécurité sanitaire des produits alimentaires a été adoptée dans le cadre de convergence des réglementations prévue par le Statut avancé. Ceci sans occulter la batterie de réformes engagées à divers niveaux, politique, économique et social. D’ailleurs, c’est ce qui a décidé de nombreux eurodéputés à recommander l’adoption du nouvel accord. Sur 9 interventions, 6 ont été favorables. «A leurs yeux, le Parlement européen doit encourager les pays qui avancent comme le Maroc», rapporte un membre de la délégation marocaine. Reste à attendre le vote prévu avant fin octobre prochain.
L'Economiste.com
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