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-   Le gouvernement vise 3% d’ici 2016
-   Mais au préalable, il faut que la croissance suive
-   BAM préconise de contenir les dépenses globales

L’on a un peu focalisé le débat sur la balance des paiements ces dernières semaines et éludé la question du déficit budgétaire. Et pourtant, c’est une préoccupation majeure pour les Finances publiques. Le gouvernement prévoit un peu plus de 10 milliards de DH d’économies sur les dépenses de l’Etat notamment pour tenir son objectif de déficit à 5% du PIB cette année. Mieux, l’équipe Benkirane estime pouvoir le ramener à 3% du PIB en 2016. Oui, mais entre-temps, il y a quelques préalables. Pour Banque Al-Maghrib qui table sur un déficit de 3,5% en 2016 (BAM ne prend pas en compte les recettes de privatisation dans son calcul), il faudra maintenir une croissance moyenne de plus de 4% sur la période 2012-2016. L’on attend moins de 3% cette année. A l’échéance des projections de la Banque centrale, soit 2020, le déficit serait ramené à 2,8% du PIB sur la base d’une croissance moyenne annuelle de 4,5% entre 2011 et 2020.
altLa réduction de moitié du déficit sur les quatre prochaines années nécessitera des efforts considérables, d’abord sur la partie dépenses. «Une réduction des dépenses courantes en pourcentage du PIB est inévitable dans la mesure où le ratio des recettes ne peut être augmenté de manière significative sans préjudice pour l’économie nationale», a fait savoir le gouverneur de Bank Al-Maghrib. Concrètement, les dépenses globales (hors paiements des intérêts de la dette) doivent être contenues à 26,6% du PIB d’ici 2016, soit une réduction de 3,2 points par rapport au niveau enregistré en 2011. Pour les experts de la Banque centrale, ces dépenses ne doivent pas dépasser 26,9% du PIB à l’horizon 2020. A cet effet, les charges de personnel et les dépenses de subventions sont les principaux leviers sur lesquels il faut agir, a rappelée BAM. Pour l’instant, l’on n’est pas encore dans une attitude de rationalisation. La masse salariale équivalait à 11% du PIB en 2011. Sur les sept premiers mois de l’année en cours, elle a augmenté de plus de 13% à 55,9 milliards de DH (voir également page 13). Au niveau de la compensation, BAM préconise un plafonnement des subventions dès cette année. Avant elle, plusieurs économistes avaient suggéré cette option. Malgré les économies de 5,3 milliards de DH escomptées grâce à la hausse des prix des carburants à la pompe, la charge de subvention reste importante. L’enveloppe pourrait dépasser les 46 milliards de DH budgétisés (y compris les arriérés). La question de la compensation devrait être tranchée d’ici la fin de l’année. En dehors des deux postes, un effort de redressement est attendu au niveau des recettes. BAM les situe à 27% du PIB par an sur la période de prévision pour revenir à des niveaux bas de déficit. En outre, le rapport entre les dépenses et les recettes devraient s’inverser dès 2015 pour obtenir les résultats escomptés.

L'Economiste.com

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