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Il semble que le Parti Justice et Développement ait réussi son premier examen depuis son succès aux élections législatives du 25 novembre, la construction des alliances nécessaires pour réunir une majorité qui devra gérer les affaires publiques. Ces alliances sont une bonne nouvelle pour des partis qui ont réussi à dépasser leurs attachements et leurs complexes historiques, mais elles représentent une mauvaise nouvelle pour d'autres qui sont passés à l'opposition, surtout ceux qui y ont été contraints, faute d'avoir été acceptés par Benkirane pour intégrer sa majorité.

 

Benkirane a donc réussi l'épreuve de la coalition, et a pu réunir une majorité en grande partie cohérente, une majorité conservatrice, à l'exception du Parti du Progrès et du Socialisme qui se positionne idéologiquement au sein de la gauche, même si ses idées sont davantage proches de la droite que de la gauche. Benkirane a torpillé le G8 et a ponctionné de ce groupe un seul parti, rejetant le reste, qui est allé à l'opposition ; le chef du gouvernement  a également investi la Koutla démocratique et remis ses compteurs à zéro en récupérant deux de ses composantes et en laissant l'USFP rejoindre, seule, les rangs de l'opposition, mettant ainsi fin à un groupement de partis qui s'est transformé en patrimoine militant qui renaît à chaque échéance électorale, pour retomber dans sa torpeur juste après.
 
La machine du PJD ne s'est pas arrêtée au démembrement des alliances entre partis, même les alliances qui ont été conclues dans des objectifs stratégiques, mais a attaqué les partis de l'intérieur, comme le confirment par exemple ces rumeurs qui ont couru sur des relations secrètes entre des membres de la direction du RNI et le chef du gouvernement Benkirane. De ce fait, le PJD revient sur cette thèse de reconstruction de la scène politique, qui a été récupérée par le parti islamiste après que le Parti Authenticité et Modernité ait échoué en raison, entre autres, du fait qu'il s'est préoccupé de regrouper de petites formations et s'est occupé à des guerres tous azimuts, plus qu'il ne s'est soucié d'une quelconque reconstruction.
 
Il n'y a aucun doute que la clarification du champ politique sert au final les partis eux-mêmes, mais la politique, seule, n'est guère suffisante, car ni elle ni les formations politiques ne nourrissent les gens, lesquelles gens attendent du PJD qu'il réussisse le plus important de ses examens, la construction d'un Etat moderne, d'une économie forte, d'un Maroc pluriel, d'une vie publique moralisée et la mise en place de règles de gouvernance…
 
Ce sont là les travaux des grandes espérances.
 
Par Khalid el Horri, Assabah

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