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Elle marque également le renouvellement du pacte global avec Sa Majesté le Roi. Car l’institution d’Imarat Al Mouminine procède de la succession (Khilafa) du Prophète Sidna Mohammed, prière et paix sur Lui, et revêt donc une grande dimension spirituelle. Le cérémonial organisé le jour de la Fête du trône consistant en la rencontre de SM le Roi avec les élites et notabilités représentant la Nation, pour recevoir l’allégeance (Béia), en étant monté à cheval, protégé par une ombrelle, renvoie indubitablement au symbole de l’arbre sous lequel le Prophète Sidna Mohammed (prière et paix soient sur Lui) avait reçu la Béia, tel rapporté dans le Saint Coran : “Dieu a béni les croyants qui t’ont fait allégeance sous l’arbre”. Il s’agit bien d’une allégeance politique complète, car Dieu ne veut pas que les choses de la vie pour les humains soient gérés uniquement par la politique, mais veut que la vie des hommes soit gérée par eux, par une politique qui soit utile ici-bas et dans l’au-delà.

Que représente pour vous le pacte de la Béia en Islam ?

L’acte de la Béiaâ est un pacte spirituel et politique entre le peuple et le Roi, basé sur des éléments constitutifs, à savoir le consentement des personnes qui accordent l’allégeance au Roi, au nom de la nation, en conformité avec ses conditions.
Pour sa part, le Roi s’engage à accomplir ce qui est requis en matière de religion, à savoir ce qui est dénommé les impératifs globaux en matière de charia.
Elles consistent en la gestion politique, ce qui signifie qu’en plus de la gestion politique dans son acception moderne et civile, la protection de la religion, la préservation de la vie, de l’honneur et de la raison pour tout un chacun.
La protection de la religion est un élément constitutif de la Béiaâ, ce qui es bien le cas dans le Royaume, comme le stipule la nouvelle constitution.
Les attributions de Amir Al Mouminine, qui lui sont exclusives, consistent en la protection de la religion et la préservation de la vie des gens, en faisant régner la sécurité dans son sens global, puis la protection des biens et enfin de leur honneur, ce qui recouvre ce qu’on appelle aujourd’hui la notion de vie digne, qui bannit la pauvreté, laquelle confine même, selon l’Islam, à l’incroyance en Dieu. Il s’agit en outre de la protection de la raison, qui revêt une importance primordiale, car le mode de vie des gens se répercute sur leur moral et leur psychique.
C’est pourquoi, la Béiaâ basée sur ces éléments dénote une conception globale à laquelle l’humanité n’est pas encore parvenue, au niveau des principes. Evidemment, au plan de l’évolution historique, des mécanismes démocratiques ont été développés dans un certain nombre de pays en dehors de l’Islam, mais les musulmans continuent de conserver ce modèle qui donne un sens à la vie de l’Homme.

Quelle est votre évaluation des réalisations et des avancées qu’a accomplies le Maroc depuis l’accession de Sa Majesté le Roi au trône de ses glorieux ancêtres ? Quelle est votre appréciation sur les réformes entreprises par le Royaume dans le domaine religieux ?

Le Maroc a réalisé des acquis et des avancées importants qui ont concerné en particulier le champ politique et ce, à travers le développement des mécanismes démocratiques et les actions réalisées pour garantir les moyens de subsistance aux citoyens et citoyennes de façon à aplanir les problèmes d’ordre matériel, en plus des efforts soutenus menés pour assurer le développement humain, à travers le lancement d’initiatives et de projets générateurs de revenus, avec pour objectif de favoriser autant que possible, les équilibres sociaux et le développement économique, ce qui a mis le Maroc à l’abri des répercussions de la crise économique qui secoue nombre de pays, même parmi ceux les plus avancés.
Le champ religieux n’a pas été en reste dans ces évolutions. Les résultats des actions dans le domaine religieux sont visibles, à travers le constat qu’au Maroc, il n’y a pas eu d’obstacles au développement et au progrès au nom de la religion. Ces résultats révèlent que le Royaume s’est prémuni contre ce genre de problèmes et de crises, grâce aux efforts entrepris en matière de construction et de rénovation des mosquées, la garantie de l’encadrement en prédicateurs et oulémas, tout en veillant à améliorer leur situation matérielle et sociale pour leur permettre d’accomplir leur mission, particulièrement dans le domaine de la réglementation de la Fatwa, étant entendu que ceux qui s’expriment en matière de religion font part d’un avis personnel et non pas en tant qu’autorité émettant une Fatwa.
L’effort a consisté également en la prise d’initiatives pour répondre aux attentes et préoccupations des fidèles.

Dans le sillage des changements internationaux qui ont remis en question nombre de prérequis et de valeurs, quels sont les défis auxquels sont confrontés les valeurs religieuses au Maroc ?

Les valeurs religieuses convergent avec les valeurs universelles sur plusieurs domaines en ce qui a trait notamment au sens de la Béiaâ qui consacre le respect de la vie de l’Homme et de sa dignité.
Cependant, le défi réel qu’affronte le monde entier consiste en les changements internationaux accélérés qui occasionnent une déstabilisation, voire une perte d’équilibre pour les personnes et les groupes.
C’est pourquoi les valeurs résident dans l’attachement à un référentiel donné.
De même le pari fondamental qui se pose consiste à trouver un certain équilibre à travers le bon usage des technologies modernes et des canaux de communication au service du développement des capacités individuelles, notamment en matière d’exercice des responsabilités.

Comment concevez-vous les relations qu’entretient le Maroc avec les autres grandes religions dans le Monde ?

Les relations existant entre le Maroc et les grandes religions dans le monde sont marquées par l’équilibre, ce qui lui vaut les éloges au plan international.
Les principes que le Maroc fait siens l’ont érigé au premier rang des pays considérés par les adeptes des autres religions comme étant un pays ouvert. La preuve en est la visite qu’a entreprise l’ancien Pape au Maroc.
De même, l’ensemble des Juifs reconnaissent que le Maroc s’est tenu à leurs côtés face au nazisme.
Leur communauté au Maroc se considère d’ailleurs comme une collectivité parmi les autres groupes de citoyens marocains et jouit comme eux de l’ensemble des droits.
Le Maroc est aussi perçu comme un pays abritant des églises qui accueillent des chrétiens résidents ou de passage, et il est, de ce fait, apprécié de l’extérieur comme un pays modèle en la matière.
Il est patent que chaque fois qu’une quelconque manifestation d’extrémisme apparait dans une religion donnée, le Maroc s’empresse de la dénoncer. Il n’hésite pas à condamner l’extrémisme qui se manifeste chez certains qui se réclament de l’Islam, tout comme il condamne l’extrémisme qui est le fait de gens appartenant à d’autres religions.

Source : Al Bayane

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