· Les provinces doivent devenir plus attractives


Salle comble au Palais des congrès de Marrakech, avec une assistance composée de nombreux chefs d’entreprises. L’occasion est la  journée consacrée à l’économie régionale de Marrakech-Tensift-El Haouz.


Studieux, opérateurs locaux et élus ont suivi, avec grand intérêt, les présentations de cette journée et la feuille de route qui s’en est suivie. Les exposés des deux ministres (Artisanat et Commerce et Industrie), deux secteurs dont on attend beaucoup dans la région, étaient très attendus. Initiée par la section locale de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), et le Conseil régional, cette rencontre dont le groupe Eco-Médias était partenaire, a présenté pour la première fois un véritable état des lieux de la région et surtout son potentiel économique. Un check-up exhaustif et un travail de fourmi réalisés par la CGEM qui a présenté les entraves rencontrées par chaque filière. Cet état des lieux a pu être dressé après plusieurs réunions sectorielles qui ont duré près de deux mois. Et mardi dernier, la section locale du patronat en a restitué les synthèses. «Nous avions besoin d’un véritable état des lieux et d’un engagement aussi bien des opérateurs locaux que des institutionnels», explique Youssef Mouhi, président de la section locale de la CGEM. Objectif: doter la région de Marrakech de tous les moyens pour qu’elle se place dans un cadre compétitif et continuer de drainer les investissements. Un débat qui coïncide avec l’actualité aujourd’hui, à savoir la régionalisation avancée. Or, si Marrakech s’est développée plus rapidement que d’autres et donne aujourd’hui l’exemple, ce succès cache pourtant quelques faiblesses, liées à l’activité mono sectorielle de la région avec tout ce que cela peut comporter comme risques. Ce développement s’est, parfois, aussi fait au détriment des autres provinces de la région. «Marrakech a besoin pourtant de son arrière-pays et de ses régions, elles-mêmes tributaires de la bonne santé de la ville locomotive», lance Hamid Narjisse, président de la région.
Et justement, d’après les synthèses de la CGEM, le potentiel existe
dans l’ensemble de la région, mais à court terme. Il est sans conteste dans le
tourisme et l’artisanat, mais aussi dans l’agriculture et l’agroalimentaire. Seulement, «la réalité des performances de ce dernier secteur ne reflète pas le potentiel des terres agricoles et des terres irriguées, la zone en comptant le quart au niveau
du Royaume», argumente Narjisse.
Des vœux pieux ? Non. CGEM et région croient aux potentialités de Marrakech-Tensift-El Haouz. L’annonce d’une zone offshoring dans les plans d’action du ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies conforte les deux parties dans leur optimisme. Ce n’est plus une chimère, à en croire Ahmed Reda Chami. Aux provinces et aux opérateurs locaux de se retrousser les manches pour être plus compétitifs même
au sein de la région. Le thème choisi pour cette rencontre ne prêtait pas à
confusion d’ailleurs: «Ensemble pour des entreprises innovantes et une
économie régionale prospère».
D’ailleurs, un agropole et un cluster seront probablement dédiés à l’agroalimentaire. Ce sont, en tout cas, les recommandations du patronat. Une zone dédiée devra permettre d’encourager l’industrie agroalimentaire. Le Plan Vert l’a inscrite dans les axes de développement. Des études dans ce sens seront lancées incessamment. On pense à plusieurs régions (Loudaya, Rhamna, Lataoui ou encore Tamallalt) qui pourront abriter cet agropole.
La région abrite aujourd’hui 175 unités (de taille moyennes) représentant un chiffre d’affaires de moins de 3, 5 milliards de DH. Or, le potentiel existe, ajoute le président de la région, Hamid Narjisse, qui a été aussi ex-directeur de l’Inra. Elle dispose d’atouts particuliers pour certaines filières comme l’olivier où elle occupe le premier rang en matière d’exportation d’olives de table au niveau national. Il faut juste capitaliser sur l’existant, recommande à juste titre la section locale de la CGEM, en permettant l’installation de petites industries de transformation in situ, près des exploitations tout en respectant la Charte de l’environnement.

Piliers

 
La vocation agricole de la région n’est plus à démontrer. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le Plan Vert lui consacre une grande part. «Le plan agricole régional repose sur deux principaux piliers: le premier visera une agriculture productive à forte valeur ajoutée, adaptée aux normes du marché, le second visera une agriculture sociale avec amélioration du revenu agricole profitant aux moyens et petits agriculteurs via des projets socioéconomiques faisant appel à des bailleurs de fonds en tant qu’investisseurs à part entière», indique  Mohamed Harras, directeur de l’Ormva du Haouz et directeur régional de
l’agriculture de Marrakech-Tensift-El Haouz.

L'Economiste.com

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