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- نشر بتاريخ: 23 آذار/مارس 2010
· Des erreurs méthodologiques et de faux prix pour orienter les conclusions
L’Amip riposte. Après le rapport parlementaire virulent sur les prix des médicaments, c’est au tour des industriels pharmaceutiques de produire leurs arguments. Ils viennent en effet de rendre publique une nouvelle étude intitulée: «Le secteur pharmaceutique marocain: réalités sur le prix des médicaments et intérêt du secteur». Celle-ci doit être remise aujourd’hui au ministère de la Santé et aux parlementaires. Les auteurs de cette étude, commanditée par l’Amip (Association marocaine de l’industrie pharmaceutique), épinglent le rapport sur la cherté du médicament qu’ils jugent truffé «d’anomalies et de dysfonctionnements». Ils le décortiquent point par point relevant «ses failles» aussi bien sur la forme que sur le fond. «L’analyse comparative irrationnelle des prix du Maroc avec certains pays, dont la France et la Tunisie, les erreurs méthodologiques et les faux prix utilisés dans ce rapport ont orienté les résultats dans le sens de la cherté des médicaments», note l’étude.
La liste des griefs est longue. Tout d’abord, l’échantillon choisi par la commission parlementaire «n’est pas représentatif», notent les auteurs de la nouvelle étude. En effet, selon eux, le rapport ne cite que 15 prix de princeps et 14 prix de génériques sur près de 5.000 médicaments. Sur ces 15 princeps, seuls 2 produits font partie des 15 médicaments les plus vendus en volume et seuls 6 figurent parmi les plus vendus en valeur (voir tableau).
Des médicaments figurant parmi les 15 les plus vendus en volume ne font pas partie de la sélection de la commission parlementaire. C’est le cas de l’Auréomycine, du Minidril, du Microdiol, de l’Aspégic, du Rifoderm, du Diamicron, de la Betadine, du Microdiol..., relève l’étude. Or, ces médicaments sont parmi les moins chers sur le marché. A titre d’exemple, Doliprane, médicament qui figurait bien dans la 1re sélection de la commission parlementaire, a été retiré de l’échantillon. Qui a été à l’origine d’une telle décision? Qui oriente les conclusions et à l’avantage de qui? Le rapport de l’Amip se garde bien d’avancer une quelconque explication. Reste qu’un pavé est bien jeté dans la mare!
Pour rappel, Doliprane est le médicament le plus vendu au Maroc, aussi bien en volume qu’en valeur, et ses prix sont parmi les plus bas du marché (entre 8,65 et 16 DH selon les présentations). En outre, le fait d’attribuer un prix à une marque (Amoxil ou Augmentin par exemple) n’a aucun sens, car les prix sont officiellement attribués par le ministère de la Santé à chaque présentation d’un médicament et non pas à une marque, poursuit l’étude.
Autre critique avancée par les industriels, les prix attribués à 3 princeps sur les 14 sélectionnés sont faux et ne correspondent à aucun des prix homologués par le ministère de la Santé, pour les différentes formes ou présentations existantes (cas de l’Augmentin, du Voltarène et de l’Azantac). Pour ces 2 derniers, les faux prix attribués par la commission sont excessivement chers: 285 DH pour Azantac alors que ses prix réels varient entre 74,10 et 190,00 DH selon les présentations et 131,85 DH pour Voltarène alors que ses prix réels varient entre 11,70 et 87,90 DH.
Les prix attribués à certains génériques seraient également faux, selon l’étude. C’est le cas notamment pour Diclomax et Megaflox.
Le fait d’avoir comparé non pas les prix sortie usine (PGHT), mais les prix publics, fausse totalement l’analyse dans la mesure où les marges de la distribution varient entre pays, selon les auteurs de l’étude. Asafarm, un médicament générique, cité dans le rapport parlementaire, n’a jamais été vendu en pharmacie, et encore moins au prix indiqué. Alfamox comprimés 1g, un autre générique, n’existe plus sur le marché marocain depuis plus de 5 ans. La forme 30 comprimés L.P. 75 mg du Diclomax n’existe pas. Seule la forme 20 comprimés est disponible au Maroc, indique l’étude. De même, cinq princeps sur les 14 sélectionnés sont produits par le laboratoire GSK. Or, celui-ci ne détient pas plus de 5% des ventes du marché pharmaceutique marocain.
La comparaison avec les prix pratiqués dans d’autres pays (Tunisie et France) est également pointée du doigt. D’après l’étude, l’alignement avec le prix moyen tunisien n’a pas lieu d’être, vu le caractère étatique de la pharmacie centrale tunisienne et de la péréquation du médicament dans ce pays. De même, le choix de la France est «irrationnel». En effet, l’industrie pharmaceutique française réalise un chiffre d’affaires de 35 milliards d’euros contre 0,7 milliard pour le Maroc.
La consommation du médicament au Maroc reste globalement faible (400 DH par habitant et par an). Près de 92% des médicaments consommés en volume ont un prix inférieur à 100 DH dont 73% ont un prix inférieur à 50 DH (52% ont un prix inférieur à 30 DH). C’est ce que révèle l’étude de l’Amip qui passe au peigne fin les prix et les ventes de médicaments. Ce sont près de 3.096 médicaments qui ont été analysés à partir des données de l’IMS Health. Malgré une grande différence d’économie d’échelle, les auteurs de l’étude ont réalisé une comparaison des prix de 555 médicaments commercialisés au Maroc avec ceux de la France (princeps et génériques). Près de 67% de ces médicaments (254 princeps et 120 génériques) ont des prix inférieurs à ceux de la France et 33% de ces médicaments (129 princeps et 52 génériques) ont des prix supérieurs à ceux de la France.
Leconomiste.com
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