· C’est ce qu’a annoncé la ministre espagnole de l’Agriculture


L’accord sur les échanges agricoles conclu entre le Maroc et l’UE n’interviendra pas durant ce semestre. En clair, pas de ratification sous la présidence espagnole de l’Union européenne.

En effet, à l’issue du premier Conseil des ministres de l’Agriculture de l’UE, tenu le 18 janvier à Bruxelles, la ministre espagnole de l’Agriculture, Elena Espinoza, a indiqué que «l’approbation de l’accord sur les échanges agricoles conclu entre le Maroc et l’UE ne sera pas approuvé par les Etats membres de l’Union sous l’actuelle présidence espagnole de l’UE». Prudente, Espinoza a cependant ajouté: «C’est l’information que j’ai pour l’instant mais le calendrier peut changer». Et d’ajouter qu’une telle approbation «ne figure pas sur l’agenda des différents conseils agricoles qui auront lieu durant les six mois de présidence espagnole de l’UE».
Selon la ministre espagnole, la première phase de l’accord entre le Maroc et l’UE, à caractère technique, est déjà achevée. Mais il y a l’autre phase, «plus politique», qui exige l’approbation par le Conseil des ministres de l’UE et le feu vert du Parlement européen. Et c’est cette phase qui ne se fera pas sous la présidence espagnole.
Contacté par L’Economiste, Michael Mann, le porte-parole de la Commission européenne, a souligné qu’en ce qui la concerne, «la Commission européenne a fait son travail et a transmis le projet d’accord agricole Maroc/UE au Conseil des ministres et au Parlement et qu’elle s’attend à ce que ces institutions fassent aussi leur propre travail dès que possible». Il a rappelé que l’accord agricole, conclu le 17 décembre 2009, est un bon accord pour les deux parties. A présent, poursuit le porte-parole, «la Commission européenne va discuter avec le Conseil des ministres et le Parlement européen afin que cet accord puisse être approuvé dès que possible». Aujourd’hui, la question est de savoir ce qui anime cette démarche, d’autant plus que les Espagnols ne sont pas officiellement opposés à l’accord. Ils ont même initié un sommet Maroc /UE en mars prochain. Pour des observateurs, cette attitude interviendrait pour calmer les agriculteurs espagnols qui sont montés au créneau il y a quelques semaines dénonçant la politique export du Maroc. Un lobbying qui travaille d’ailleurs depuis des années contre la production en provenance du Maroc (cf.www.leconomiste.com). Contacté à ce sujet, le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, est resté injoignable.



La tomate dérange

En signant cet accord, le Maroc espère réaliser un gain de 1 milliard de DH. Soit l’équivalent de la différence entre le gain réel qui est de 1,7 milliard de DH et les conséquences des concessions accordées à l’UE évaluées à 700 millions de DH. Le gain est également le résultat de l’importante augmentation des quotas des exportations, de l’extension des produits libres d’accès à l’UE. Par cet accord, les deux parties ont décidé la suppression des droits de douane pour 55% des importations totales en provenance du Maroc. Toutefois, cette liberté n’a pas été accordée à d’autres produits qui concurrencent directement les produits européens. C’est le cas notamment de la tomate qui dérange les producteurs espagnols.

L'Economiste.com

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